2018 en une série de coups de cœur ? C'est la rétrospective culturelle par la rédaction de Karoo ! Séries à succès, concerts et théâtre : Julie Derycke dévoile ses incontournables.

The Handmaid’s Tale saison 2

L’adaptation de la Servante écarlate de Margaret Atwood a prouvé son énorme succès avec sa première saison, que Karoo avait déjà largement constaté. La deuxième saison était donc attendue au tournant, d’autant qu’elle est un prolongement libre, toute la trame du roman ayant été adaptée dans la première saison. Défi relevé avec cette saison aussi passionnante que la première !

À l’instar de la première saison, The Handmaid’s Tale présente un univers réaliste et riche en symbolique, doublé d’un scénario haletant et dérangeant. La particularité de cette saison réside dans la remise en question constante des notions de bien et de mal ; de héros et d’anti-héros, où chaque personnage ou presque est tour à tour adoré puis haï, compris puis déboussolant. Mention spéciale au jeu percutant des acteurs, que ce soit celui d’Elisabeth Moss, d’Alexis Bledel, d’Yvonne Strahovski, de Max Minghella ou encore de Joseph Fiennes.

Alt-J, live à Forest National, 12 janvier 2018

Est-il possible de garder un souvenir intimiste d’un concert qui fait salle comble à Forest National ? C’est pourtant l’impression que m’a laissé le concert promotionnel du troisième album d’Alt-J, Relaxer, sorti en juin 2017. Le trio anglais a proposé un show à l’instrumental d’une justesse époustouflante et au jeu de lumière qui marque les esprits et en inspire plus d’un. L’humilité des musiciens vient sublimer le moment, tandis que le public a pu profiter tant des classiques comme Tessellate, Mathilda ou Hunger of the Pine que des récents In Cold Blood ou Deadcrush. Temps particulièrement fort : la longue adaptation de Pleader, où les accords des violons ont magnifiquement porté le morceau, entre magie et émotion.

This Is Us, saison 2

Si l’ensemble de la série de la chaîne NBC a rencontré un vif succès, la deuxième moitié de la deuxième saison de This Is Us, diffusée à partir du 9 janvier 2018, a été particulièrement bouleversante pour moi. Contre toute attente, l’attachement aux personnages s’accentue encore, tandis que le scénario révèle encore et toujours des couches et subtilités inattendues… En résumé : la saison 2 oscille entre justesse, puissance, douceur, drôlerie et extrême empathie.

L’épisode 14, Super Bowl Sunday, remplit ainsi ses promesses en dévoilant enfin, avec pudeur et justesse, les circonstances de la mort de Jack Pearson (l’époustouflant Milo Ventimiglia), annoncée depuis le début et teasée par la fin du déjà excellent épisode précédant That’ll Be the Day.

Seule déception : la troisième saison qui a repris le 25 septembre dernier, plus calme, discrète et simpliste, un peu comme un soufflé qui retombe après ces deux saisons si émouvantes.

December Man, vu aux Tanneurs le 23 novembre 2018

Émotion et pudeur sont probablement les deux termes qui résument le mieux la pièce de Colleen Murphy et Georges Lini. Basée sur les attentats de décembre 1989 dans une école de Montréal, elle nous fait assister à rebours à la descente aux enfers de la famille de Jean, rescapé de l’attaque. Si la pièce se conclut donc sans surprise avec la scène des parents de Jean qui apprennent les attentats et prient pour leur fils, le spectateur est tout de même étonnement bouleversé, peut-être parce qu’il sait que le soulagement des parents à la vue de leur fils sain et sauf ne sera que de courtes durée. C’est donc déboussolé et ému que le spectateur sort des Tanneurs, comme le disait Sophie Decaestecker dans sa critique pour Karoo : « December Man, c’est une véritable tornade d’émotions dont on ne ressort pas tout à fait indemne. »

3%, saison 2

La dystopie étant probablement mon thème de prédilection, impossible de passer à côté de 3 %, série brésilienne produite par Netflix depuis 2016.

Si les moyens laissaient un peu à désirer dans la première saison (notamment quant aux costumes et aux décors), la deuxième se rattrape légèrement en enrichissant de détails ses différentes sociétés. On découvre ainsi « L’Autre Côté », cette terre promise riche et futuriste, qui se révèle, ô surprise, pas aussi idéale qu’elle en a l’air. La série perdure, avec succès, dans son envie de démonter les clichés qui veulent que l’herbe soit toujours plus verte ailleurs. Si le scénario est parfois un peu léger et tiré par les cheveux, la production tient ses promesses avec une deuxième saison riche en rebondissements et développements.

Attention toutefois à ce que la saison 3 ne devienne pas la saison de trop.

Deux, Glass Museum

Glass Museum, c’est probablement le duo électro-jazzy qui aura particulièrement marqué mon année 2018. Tout d’abord avec leur release party le 25 mai à l’Atelier 210, puis en devenant un de mes coups de cœur au Brussels Summer Festival en août dernier. Leur premier mini album Deux, purement instrumental, regorge de surprises pour l’oreille, et la simplicité du pianiste et du batteur transperce dans chacun des morceaux, qui restent très élaborés et aboutis. Le jeune duo belge régale ainsi ses auditeurs d’un véritable voyage mélancolique, moderne et percutant.