L’ENSAV - La Cambre a lancé cette année l’Atelier des écritures contemporaines. Retrouvez chaque mois sur Karoo les expériences menées par les treize étudiants / auteurs !

La première année de l’Atelier des écritures contemporaines de l’ENSAV La Cambre touche à sa fin. Il est bientôt temps d’accoster, de remettre pied à terre. Les textes avancent, eux aussi, forcément. Involontairement peut-être, nous, les étudiants, expérimentons diverses occurrences fortuites de vocabulaire dans nos travaux. Hasards ou influences inconscientes ? Pauvreté de la langue française ou de nos propres lexiques ? Copies et/ou vols de termes organisés ? Quoi qu’il en soit, en cette année 2016-2017, bassins, dos, méduses, post-it, pelouses, prunes et poulets ont été, sinon mis à l’honneur, du moins disséminés avec passion dans nos douze romans. Nous sommes une nouvelle famille, une famille d’auteurs qui n’oubliera pas. Qui se souviendra de tout ce que nous avons pu traverser et partager comme désirs, débats, doutes, encouragements, cafés, générosités, larmes, bolos, rideaux de pluies, chocolats et vannes, en si peu de temps. Et cela, à chaque fois à l’avenir que l’un de nous déposera « post-it » et « pelouse » sur une nouvelle page.

À l’avenir, donc...

A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K & L

 

 

BASSIN (6)

« C’est comme si de la voir ou même de penser à elle simplement, d’évoquer sa voix, ses câlins, ses bras, son corps, ses jambes et son bassin... Et son visage d’agnelet ! Ben, ça tue tout le reste. (...) Mais pas en mal, hein. Plutôt comme une sorte de miel chaud. Un antiseptique plaqué sur le monde. Sur tout ce qui fait mal au cœur. » (Ne nous cherchez pas, Anne Myrto Lebessi, 2017, p. 36.)

« Puis tous les deux se taisent, et la petite au chignon bien tiré s’applaudit loin au-dessus de la tête. Le brésilien pudique croise ses deux mains très haut sur le nez et les joueuses de water-polo se congratulent, tête contre tête dans le grand bassin. » (Pierre dans le désert, Pauline Allié, 2017, p. 16.)

« Je mis la bouilloire à chauffer puis remplis une petite bassine en y ajoutant de l’eau froide et du savon pour le bain. Je réglai l’iPod d’Alexandre sur « aléatoire » et trempai mon gant de toilette dans l’eau tiède. » (La Fidélité des chanteurs de charme, Daphné Tailleu, 2017.)

« Pour me faire comprendre, je grimpe sur un tabouret derrière chacune des robes accrochées, une à une. Je prends une voix différente pour chaque, remue le bassin tantôt discrètement et tantôt franchement. Bijan se tortille de rire sur le tapis plain. » (L’Île longue, Victoire de Changy, 2017.)

« Je m’engorge sous les projecteurs puis explose tous azimuts. Les jambes se rebellent et s’enflamment de mètres en mètres. Le bassin défie le torse dont les seins gonflent et enjôlent, mais les mains se fragmentent et signent des gestes belliqueux. La voix s’enraye pour devenir venimeuse. Les yeux témoignent l’égarement de ma personne, mais ne camouflent pas les mots malveillants. Le cerveau s’effrite. Hypophyse tire sa révérence. » (Hypophyse, Pieterke Mol, 2017, p. 82.)

« C’est que jusqu’à maintenant, elle avait été parquée dans des bassins d’élevage, parmi les autres truites et saumons, gras et tranquilles. Ils s’ennuyaient souvent. Elle avait une peur sourde de se trouver fumée au prochain festin des éleveurs. » (L’Âge d'or, JMH, 2017.)

 

DOS (6)

« Ils étaient emboités l'un dans l'autre, dans une position qu'ils prenaient souvent quand Anna était fatiguée : P-A avait le dos collé au mur, et entourait entièrement Anna de ses grands bras : elle était assise en boule entre ses jambes. » (Nous n’avons pas d’adversaires, Éva Anna Maréchal, 2017.)

« Je rassure Lisa en lui disant que ce sont des choses qui arrivent, même aux meilleurs, et là j’essaye de la faire rire mais j’ai à peine le temps de continuer qu’elle se jette dans mes bras. Alors moi, puisque je ne sais jamais trop quoi faire dans ces moments-là, je lui tapote le dos. » (Pierre dans le désert, Pauline Allié, 2017, p. 34.)

« Je sentais leur regard dans mon dos. Ils n’allaient pas me lâcher. Je tremblai en décapsulant ma Jupiler. La mousse inonda le plan de travail de la cuisine. » (La Fidélité des chanteurs de charme, Daphné Tailleu, 2017.)

« J’ai mal au dos. La position que j’ai tenté de prendre pour m’endormir m’a congestionné une vertèbre, au milieu de la colonne. Il faut la craquer. Je descends mes doigts et appuie sur quelques nœuds. Je cherche l’endroit, mais tout est engourdi. Ce n’est pas mon buste, c’est un moignon et j’aimerais le diluer dans l’océan de mon corps. Je veux que mon corps soit l’océan, mais rien de tel, tout est rocailleux, tortueux, en désordre. Ma météorite... Mon pouce se tord sur ma boule qui gigote en rythme. » (La Cendre de l’œuf, Lucie Guien, 2017.)

« Il veut savoir ce qui le brûle, mettre fin à la course folle. Il remonte de la terre, parcourt la plaine, la musique le pousse dans le dos, ses jambes grésillent et percutent le sol, son cœur bat, la basse continue son martellement. Il se sent bien. Il se pourrait même qu’il soit enfin heureux. Là où il n’y a rien, il a trouvé sa raison d’être. » (Traces, Frédéric Grégoir, 2017.)

« À ses côtés il y a une toute petite fille qui joue avec une chaussure. Je courbe le dos et pose mes paumes à plat sur le tapis pour avoir le visage à la hauteur de celui de la toute petite fille. » (L’Île longue, Victoire de Changy, 2017.)

« > on pourrait s’inventer des pseudos de vieux > moi ce serait... > ...

@henriette666@gmail.com

haha :D < moi < @superhugues@hotmail.com < > @jean.paul69

@hervé.mdr < > @micheldu92

@henri.the.boss@meetic < > hahaha y’a un Henri dans ma classe

c’est mon grand-père :))) < > @bernadette12345678910

@rené.stylé < > :DDD

looool < > @chantal.cool

@jean-pierre.bisou < > ...

françoiiise.la.niiiçoiiise < > @franciiis.le.liiigeoiiis »

(Le Réseau, Maud Marique, 2017.)

 

FONTAINE (4)

« Des cris détonnent, des phosphorescences éclatent, des fontaines de couleurs jaillissent du ciel. Les bâtiments se maquillent de milles nuances et des ponts, coulent des lumières opalines. Les yeux se plongent dans les univers qui tournent à vitesse exponentielle. Je vois ma mère à côté de moi hurler à chaque feu comme s’il était encore plus extraordinaire que le précédent » (Hypophyse, Pieterke Mol, 2017, p. 64.)

« Un homme grimpa sur la Fontaine des comtes d'Egmont et de Hornes, y déposa un drapeau et cria comme le Tarzan de Johnny Weissmuller. » (La Fidélité des chanteurs de charme, Daphné Tailleu, 2017.)

« Tous les trois ils avaient bu du thé et on lui avait raconté les fontaines et les places et les blagues du pays. Elle avait eu du mal à se souvenir de ce qu’elle faisait en ville, dans l’autre ville, avant de partir. La route, peut- être. La fatigue. » (L’Âge d'or, JMH, 2017.)

« Lorenzo trouve qu’il a bien vieilli et Lisa pensait qu’il était mort. Les perches sont déjà toutes retombées à l’horizontale et les flammes ont disparu. À la place, une légère fumée noire flotte au-dessus du stade. - Bon je vais faire un petit tour moi. - Tu vas où ? me fait Lisa. T’as pas dit que Lucien était rentré chez lui ? - Je vais pédaler un peu jusqu’à la fontaine, manière de sortir ça fait longtemps. » (Pierre dans le désert, Pauline Allié, 2017.)

 

MÉDUSE (4)

« Elle soupira bruyamment. J’eus envie de lui faire avaler ses ongles. Ils perforeraient son foie et tandis qu’elle agoniserait devant moi, je rirais à gorge déployée en la laissant crever comme une méduse au milieu du Sahara. » (La Fidélité des chanteurs de charme, Daphné Tailleu, 2017.)

« Le golfe est tiède, il lui a dit avec dégoût, et paraît-il infesté de méduses aussi. Et puis tu sais bien que ce n'est pas permis. Quant à la mère... Le père a gardé la bouche entrouverte une ou deux secondes, comme lorsqu'on s'apprête à dire quelque chose qu'on retient in extremis. Quant à la mère... Il a hoché la tête par la négative. Il a dit je ne pense pas. » (L’Île longue, Victoire de Changy, 2017.)

« La brise est fraîche mais je ne sais pas si j’ai froid. Nous nous lovons dans les rochers. Naomie nous offre un sketch. Elle se déshabille et nous fait croire qu’elle va nager jusqu’à l’île. Elle détache ses cheveux. Ils tombent en boucles sur ses yeux et elle fait de sa robe en daim une queue de sirène. Naomie joue à la belle Ariel attendant son amant puis se transforme en visqueux poisson. Un horrible poisson bloqué dans une marée noire, le pétrole lui colle aux nageoires. Elle gesticule et pousse des cris de désespoir. Nous rions. Moi je méduse pour elle dans les bras de Michel. » (La Cendre de l’œuf, Lucie Guien, 2017.)

« Sa copine, qui s’en était entre temps retournée à ses archivages, chavira. Dans le coin de la pièce opposé à Carl, une méduse imaginaire la blessait de ses vicieux tentacules. On sonnait le tocsin du couple. » (Ne nous cherchez pas, Anne Myrto Lebessi, 2017, p. 59.)

 

MOUTON (3)

« L’abat-jour est fait dans une matière poilue marron qui attire les moutons comme des aimants. J’ai bien essayé de m’en débarrasser mais ma mère y tenait beaucoup, et comme chez elle ça n’allait pas avec la décoration intérieure et que chez moi c’était parfait, elle m’a dit garde le. » (Pierre dans le désert, Pauline Allié, 2017, p. 3.)

« Peinant à me mettre debout, j’enjambai maladroitement le type, encore sonnée par le choc. Je finis par décrocher le rideau de la petite fenêtre de ma chambre. Dans la prairie, à quelques mètres de moi, des moutons mâchaient l’herbe grasse. » (La Fidélité des chanteurs de charme, Daphné Tailleu, 2017.)

« Je n’ai jamais réussi à me souvenir de la couleur des murs. Pour elle, petite, c’était un ventre plein de couloirs mouillés qui débouchaient sur une terrasse d’ardoises et plus loin un champ où leur chienne chassait les moutons. Il y avait aussi un hangar, du gravier. » (L’Âge d’or, JMH, 2017.)

 

PELOUSE (3)

« Mon imaginaire débordait d’images romanesques du genre Raoul tond la pelouse, Raoul est triste, Raoul à la plage, Raoul à bicyclette, Raoul à la ferme, Raoul est malade, Raoul au zoo, Raoul fête son anniversaire, Raoul à la fête des fleurs, Raoul se cure le nez. Dans tous les cas, j’étais à son service. Et j’aimais ça. Qu’avait-on injecté aux femmes pour qu’elles en reviennent toujours à fantasmer sur le foyer idéal ? » (La Fidélité des chanteurs de charme, Daphné Tailleu, 2017.)

« Loulou et Diego, eux, font les cons dans le bois, en revenant de pisser. Ils sautent sur tout ce qui ne bouge pas, c’est-à-dire principalement des souches, des troncs affaissés, des rochers, des petites buttes, des bancs, des marches d’escaliers, des trous dans la pelouse, et des rebords de fontaines. » (Ne nous cherchez pas, Anne Myrto Lebessi, 2017, p. 86.)

« Au milieu de la terrasse, il y a un bar illuminé recouvert d’un toit en feuilles de camouflage. Les garçons en reviennent avec des cocktails. Un demi étage au-dessus, c’est un chill room à ciel ouvert, des groupes de clubbers sont assis ou allongés sur de la fausse pelouse verte. Cette pelouse a la matière du coton et c’est bon de s’y enfoncer. » (La Cendre de l’œuf, Lucie Guien, 2017.)

 

PLANÈTE (2)

« Enfant de la balle, je suis propulsée sur la planète des artistiques. Palpitations de maman actrice, au cabaret, elle joue enceinte, je grandis dedans puis dans le landau de coton soyeux, en bois vernis. » (L’Infini des détails turbulents, Clémence Veilhan, 2017.)

« C’est l’histoire d’une planète qui se sentait trop à l’étroit dans son corps. Pour tenter de résoudre son besoin d’espace, elle investigua un temps les possibilités d’émigrer vers d’autres astres. Mais le travail était long et fastidieux, et les résultats se faisaient attendre. C’était tout de suite, maintenant, qu’elle avait besoin d’immensité. Alors elle se créa un univers parallèle. » (Le Réseau, Maud Marique, 2017, p. 1.)

 

POST-IT (3)

« Elle laisse des post-it partout dans la maison pour me rappeler toutes les choses que je dois faire. Call Nicolas. Interviews. The filmmaker. Postcards. NY. Screening. Life on mars ? Love. Marie-Laure. » (L’Infini des détails turbulents, Clémence Veilhan, 2017.)

« Une dizaine de paquets multicolores de post-it trônait sur la table du salon. Lalie et Sergio se tenaient la main, pâles, tandis que Gustav tétait goulûment le sein d’Hortense, qui ne cessait de remuer la tête en murmurant « c’est impossible, c’est impossible » » (La Fidélité des chanteurs de charme, Daphné Tailleu, 2017.)

« Des post-it, insensibles à ses tourments, eux, s’accumulaient sur la table de nuit. De natures très diverses, ils semblaient se contredire. « Trouver appart !!! » et « Appeler mam’s », mais « écrire roman » et « boucler valises », avec « abdos 50 par jour » ou « postuler cuisines, cafés, librairies » et même un fébrile « reprendre études ? » au crayon 2B. » (Ne nous cherchez pas, Anne Myrto Lebessi, 2017, p. 65.)

 

POULET (2)

« C’était un dessin abstrait dans les tons rouges et bleus sur lequel avaient été collées à la Pritt des photos d’animaux en tout genre. Un lettrage noir et argenté annonçait : « Culpabilité Jamais - Perspicacité Toujours ». Les mots recouvraient toute la surface du poster, assujettissant girafes et poulets. Ces derniers en étaient réduits à une toile de fond plutôt destroy, n’empêche que minutieusement composée. Clara se sentit fière. » (Ne nous cherchez pas, Anne Myrto Lebessi, 2017, p. 58.)

« Pendant ce temps-là, Lorenzo malaxe à pleines mains les blancs de poulet pour mieux faire pénétrer la marinade. Il me dit qu’il a oublié d’enlever les filaments de gras autour de la viande, tu sais les petits fils blancs il me dit et je lui dis que c’est pas bien grave. On les enlèvera chacun dans notre assiette et c’est bien mieux que de le faire maintenant avec l’huile qui glisse c’est pas pratique ». (Pierre dans le désert, Pauline Allié, 2017, p. 16.)

 

PRUNE (2)

« Je nous sors du placard un sachet de chips saveur poulet rôti et puis je nous sers à nouveau une petite prune. C’est vrai que selon le protocole on est censé la boire après le dessert en sortie de repas. » (Pierre dans le désert, Pauline Allié, 2017, p. 18.)

« Il saisit la bouteille de prune de Zlavo. Ne pas être mort c’est une bonne chose, mais gratter les heures comme un rat plein de chiens dans le ventre, c’est bien pire. Il y a mille kilomètres à l’ennui et un feu à faire. » (Le Méridien des chiens, Mathias Domahidy, 2017.)

 

SAUCISSE (2)

« Le sang de Tamàs tangue, il dépose deux assiettes baignées de gras sur le matelas. Zlavo fait couler le graillon qui chante comme des insectes du sud sur les saucisses de Sam. » (Le Méridien des chiens, Mathias Domahidy, 2017.)

« Sa spécialité, la saucisse. Sèche, farcie, crue, cuite ou à tartiner. Aurélien la Saucisse préférait de loin la farcie car sa marge de création était plus grande. Il disait que trop de bouchers-charcutiers étaient bloqués dans une vision réductrice du goût, classique et sans avenir. » (Pierre dans le désert, Pauline Allié, 2017, p. 15.)

 

SOUTERRAIN (3)

« Derrière elle, les murs s’animent. Ils dessinent un ballet de couleurs et de formes éclatées. Un monde habité de personnages souterrains parle sans mots. Une ombre avance sa tête. Elle cherche à s’arracher à ce qui l'enferme. Ses côtes se tordent et finissent par transpercer son corps. Elle se plie en deux, sa tête se détache de ses épaules et vient s’écraser entre les jambes. » (Traces, Frédéric Grégoir, 2017.)

« On roule cinq bonnes minutes et il s’arrête, il ne nous reste plus qu’à reprendre le métro. Au milieu de nouvelles rues inconnues je cherche du regard l’entrée du souterrain. Les gens se sont éparpillés entre temps et je ne vois toujours rien. » (Hypophyse, Pieterke Mol, 2017, p. 14.)

« À midi moins quatre, il entra dans un café souterrain. À l’intérieur, d’autres confrères journalistes patientaient. Il les salua vite fait, car il ne connaissait pas tout le monde, puis prit place près de l’unique porte d’entrée – et donc de sortie. » (Ne nous cherchez pas, Anne Myrto Lebessi, 2017, p. 21.)

 

TÉTON (2)

« Ensuite ils l’ont foutu à poil, l’ont posé sur une chaise et lui ont mis des énormes baffes. Lorsqu’il a pris ses quatorze coups de matraque, entre les cuisses et sur les tétons, je me suis levé pour me servir à boire. » (Pierre dans le désert, Pauline Allié, 2017, p. 3.)

« Il était en retard mais pour cela, il prenait son temps. Il effleura alors le téton moiré de la praline avec sa langue, puis mordilla la couche obscure de chocolat du bout des dents. Ce fut la joie dans sa tête, dans son froc et, pour finir, dans sa chambre. » (Ne nous cherchez pas, Anne Myrto Lebessi, 2017, p. 19.)

« On roule cinq bonnes minutes et il s’arrête, il ne nous reste plus qu’à reprendre le métro. Au milieu de nouvelles rues inconnues je cherche du regard l’entrée du souterrain. Les gens se sont éparpillés entre temps et je ne vois toujours rien. » (Hypophyse, Pieterke Mol, 2017, p. 14.)

« À midi moins quatre, il entra dans un café souterrain. À l’intérieur, d’autres confrères journalistes patientaient. Il les salua vite fait, car il ne connaissait pas tout le monde, puis prit place près de l’unique porte d’entrée – et donc de sortie. » (Ne nous cherchez pas, Anne Myrto Lebessi, 2017, p. 21.)

 

TÉTON (2)

« Ensuite ils l’ont foutu à poil, l’ont posé sur une chaise et lui ont mis des énormes baffes. Lorsqu’il a pris ses quatorze coups de matraque, entre les cuisses et sur les tétons, je me suis levé pour me servir à boire. » (Pierre dans le désert, Pauline Allié, 2017, p. 3.)

« Il était en retard mais pour cela, il prenait son temps. Il effleura alors le téton moiré de la praline avec sa langue, puis mordilla la couche obscure de chocolat du bout des dents. Ce fut la joie dans sa tête, dans son froc et, pour finir, dans sa chambre. » (Ne nous cherchez pas, Anne Myrto Lebessi, 2017, p. 19.)