L’ENSAV - La Cambre lance cette année l’Atelier des écritures contemporaines. Retrouvez chaque mois sur Karoo les expériences menées par les treize étudiants / auteurs !

Ce mois-ci, F, G, H, I mettent en commun leurs voix et confrontent leurs écrits pour faire durer ce mois riche en débats.


Quand je me lève le matin
Je rallume mon téléphone
Je me fais des tartines
À la gelée de groseilles
Ou aux granulés de chocolat
Parfois une tasse de thé
Parfois un verre de lait de soja
Puis je me plonge dans les mots
Il est déjà arrivé
Que j’en sorte à dix-sept heures
Quand mon téléphone sonne
Et qu’en disant: « Allô ? »
La voix enrouée
Je prononce mes premiers mots
De la journée.

En vérité, c'est par la voix, c'est par le son, c'est par un style qu'on devient animal, et
sûrement à force de sobriété.

Félix Guattari




Tous, ils préfèrent échapper leurs voix. S’en tenir à la version déviée, celle qu’on entend depuis le dedans, celle qui rengaine dans la tête, la même que l’on s’entend prononcer. Moi je préfère ma voix extérieure, l’entendre telle que tu l’entends, m’y faire comme tu t’y es fait comme tu t’y es habitué. Souvent je m’enregistre, je parle seule, dix-sept, vingt-deux minutes, voire plus. M’entendre me fait sursauter d’abord, m’amuse ensuite, me berce enfin. M’entendre, c’est m’écouter.

En travers des mots-marasmes et mots-acides. Des mots-béton.
On bosse dans l’extraction de langage. On a souvent des pierres trop brutes pour la bouche nue. On risque tous les jours l’écorchure palatale. Hausser le ton, c’est un métier
dangereux.