Orgesticulanismus est né de mon expérience familiale. J’ai partagé pendant de longues années le quotidien d’un père immobile, atteint de sclérose en plaques. L’enjeu du film était pour moi de proposer au spectateur une expérience autour du mouvement, fondée sur un enregistrement audio dans lequel mon père lève un peu le voile sur la façon dont il vivait sa maladie et son immobilité.

Le Labyrinthe est ancré lui aussi directement dans le réel. Il est né d’une rencontre avec un ex-détenu ayant passé quinze années en prison. L’homme est aujourd’hui un ami et nous avons eu plusieurs échanges autour de son incarcération.

Un homme immobile, un autre enfermé pendant quinze ans. J’ai observé le premier au quotidien pendant une grande partie de ma vie et j’ai longuement écouté le deuxième, mais pourtant je suis tout à fait incapable de les comprendre complètement, n’ayant pas fait l’expérience de ce qu’ils ont vécu.

C’est sur la base de cette limite infranchissable, de ce mystère, que mon imaginaire se met en marche. Je transforme alors ce que j’ai vu, entendu, « compris », et adresse au spectateur une proposition cinématographique qui me permet de partager le résultat de mes pérégrinations intérieures. J’aime alors utiliser l’animation comme une extension du réel, comme une nouvelle couche de sens traduisant mes intentions de façon plus poétique.

Je souhaite rarement décrire ou préciser un sujet. Je préfère plonger le spectateur dans une expérience des sens, dans un état qui se prolongerait idéalement au-delà de la fin du film, l’invitant à une réflexion personnelle.

Orgesticulanismus

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Le Labyrinthe

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