L’auteur Jean-François Viot invite l’opéra au théâtre en ramenant la diva Maria Callas à la vie, le temps d’une interview.

Septembre 1977 ((Les informations qui suivent ont été glanées lors de la vision de la pièce et dans les livres suivants : ALLEGRI (Renzo) et LAGET (Thierry), la Véritable Histoire de Maria Callas, Belfond, Paris, 1992, et LORCEY (Jacques), l’Art de Maria Callas, Atlantica, Biarritz, 1999.)). Aujourd’hui, la Callas, la « voix du siècle », s’est éteinte. François Grenier, pourtant pressé de partir en vacances, doit enregistrer une émission spéciale sur la cantatrice. François se penche alors dans les livres et les disques, avant de recevoir la visite d’une femme énigmatique.

Cette femme, c’est Maria Callas, considérée comme une des plus grandes – si pas la plus grande – diva du XXe siècle. À travers les personnages qu’elle évoque et que François incarne, Maria retrace sa vie : la relation compliquée avec sa mère, la découverte de sa voix, l’apprentissage au conservatoire, l’ascension et la descente aux Enfers, en passant par des amours tumultueuses et peu ordinaires…

Ce sont des dizaines de trajets dans la voiture de mes grands-parents, à écouter Maria Callas, qui ont alimenté mon intérêt pour l’opéra. Les paroles étaient incompréhensibles pour mes jeunes oreilles (béni soit le surtitrage), cependant sa voix si particulière alimentait mon imagination, et le temps paraissait moins long. Sa voix est spéciale, mais reconnaissable entre toutes. Son timbre est celui d’une soprano dramatique, c’est-à-dire agile, puissant et d’une tessiture étendue. C’est le genre de voix qu’il faut pour Der Hölle Rache dans la Flûte Enchantée de Mozart, par exemple.

Née en 1923 à New York dans une famille grecque, Maria Kalogeropoulou, jeune fille au physique un peu ingrat, commence à chanter avant l’âge de dix ans. Poussée par une mère très exigeante, Maria chante tout ce qu’elle peut. En 1937, ses parents se séparent, et Maria suit sa mère en Grèce. Sans avoir beaucoup d’argent, elle prend des cours et essaie d'entrer au Conservatoire d’Athènes. Il lui faudra deux auditions pour être acceptée par Elvira de Hidalgo, cantatrice espagnole. Maria travaille d’arrache-pied, sans jamais vraiment reposer sa voix malgré les ordres de ses professeurs.

Pendant la guerre, Maria chante pour les Italiens, ce qui lui vaudra beaucoup de critiques et d’accusations de collaboration par la suite. Au lieu de s’établir en Italie, elle rentre aux États-Unis et passe des dizaines d’auditions, sans jamais rencontrer le succès. Celui-ci viendra en 1947, quand elle est choisie pour chanter la Gioconda aux arènes de Vérone. C’est en Italie qu’elle rencontre Giovanni Battista Meneghini, de vingt-huit ans son aîné, qu’elle épousera en 1949. Meneghini deviendra également son impresario. À partir de là, sa notoriété ne cessera de croître, jusqu’à ce que les années 1950 fassent d’elle la diva, « La Callas », que le monde entier s’arrache.