Olivier Massart est acteur. Il a interprété plus d’une quarantaine de rôles au théâtre, notamment dans les pièces suivantes : l’Homme laid de Fraser, Théâtre sans les animaux de Ribbes, Hamlet de Shakespeare.

20a.Olivier Massart

Quel livre emporterez-vous en vacances ?
Je suis frileux en ce qui concerne les romans. Au fond, je ne suis pas un aficionado de la lecture. Par habitude sans doute, j’essaie de cumuler contrainte professionnelle et temps de lecture. Cette frilosité, cette peur de perdre du temps en m'égarant dans un roman qui ne me plaît qu’à moitié m’amène souvent à relire des romans qui m’ont plu, et à y découvrir, avec l’expérience de vie qui évolue, des choses qui ne m’étaient pas apparues lors de sa découverte. Je prendrai néanmoins : Plonger de Christophe Ono-dit-Biot, un cadeau de première. Et un livre de cuisine, pour vraiment m’évader. Et puis j’emporterai les deux versions de Hamlet, celle de Bonnefoy et de Dupuis, avec la Pléiade en référence.

Pourquoi ?
Parce que c’est sans doute l’œuvre qui me parle le plus actuellement. Entre autres thèmes (elle en charrie tellement, c’est le propre des chefs-d’œuvre), celui de la difficulté à se rebeller, à se révolter qui englue tous les personnages du drame fait cruellement écho à ma petite vie, à celle de la plupart de mes contemporains, à cette société où l’indignation est contenue et muselée par ceux qui ont instauré ce « quelque chose de pourri au royaume de Danemark ». La « folie feinte », donc le drame, la fiction, le spectacle, reste l’échappatoire pour dénoncer cette pourriture. Mais pas trop, dans les limites, sinon il ne reste qu’une seule issue, la mort. Quelle résonance avec le monde qui m’entoure…

plongerQuel est le spectacle qui vous a marqué cette saison ?
Un cran plus bas dans la misanthropie, je n’aime pas aller au spectacle ! J’éprouve des difficultés à me laisser aller car je connais tout le monde ! Quand, une heure avant de voir X dans le Cid, je discute avec lui des dernières évolutions du statut de l’artiste et de comment s’est passé la création de son spectacle, j’ai du mal à croire au drame qui se noue avec Chimène, que j’ai croisée la veille en studio pour vendre une bagnole… Comme je suis dans une période au cours de laquelle je voudrais m’éloigner du théâtre, je n’y retourne pas en tant que spectateur. Quel mauvais client je fais pour cette interview.

Quels sont vos projets pour la rentrée ?
Des castings, des castings et toujours des castings. Et, parallèlement à ça, des projets d’écriture audiovisuelle.

Quelle serait votre destination vacances idéale ?
Peu m’importe où, l’idéal pour moi est de partager du temps avec des proches. Sans qu’il soit nécessaire de s’étouffer par la promiscuité, mais avec le plaisir de se retrouver à table, de causer, de partager. Maintenant, il y a des cadres que j’apprécie plus particulièrement. L’Aubrac, le Languedoc, l’Italie…

Quelle est votre définition du mot « vacances » ?
« Période pendant laquelle l’éponge se gorge ».

Quel sera votre programme de l’été ?
Une semaine en Normandie, écriture et castings. Et peut-être qu’un tournage tombera… qui sait ?