Prix Indications 2012 — Neuvième édition. Le prix Indications entame sa mue et revient en 2012, dans une nouvelle version plus participative.

Lancé en 2004, le prix Indications n’est pas qu’un prix littéraire de plus. Depuis sa création, son objectif est de faire découvrir à un public jeune la littérature belge francophone contemporaine, mais également d’éveiller à la pratique de la critique littéraire. Lors des éditions précédentes, le prix Indications a récompensé les romans de Thomas Gunzig, Serge Delaive, Rossano Rosi, Damien Spleeters, Grégoire Polet, Corinne Hoex et Didier Gille, ainsi qu’un recueil de nouvelles de Bernard Quiriny. Mais il a aussi permis à certains jeunes de prendre goût à la critique littéraire et, à long terme, de devenir des collaborateurs réguliers de la revue.

Pour l’édition 2012, nous avons décidé de revoir quelque peu le fonctionnement du prix, de l’ouvrir à un public plus large mais aussi de rendre les jeunes lecteurs plus actifs dans le processus de sélection des romans en lice.

Durant toute l’année 2012, nous proposerons dans chaque numéro de la revue, ainsi que sur le site d'Indications, une sélection de nouveautés : des auteurs confirmés, d’anciens lauréats et des premiers romans. Les participants au prix pourront recevoir ces différents livres. Ce faisant, ils s’engagent à en rédiger une critique qui pourra être publiée dans la revue ou sur le site. Au terme de l’année, l’ensemble des participants pourra, à partir de ses lectures et des avis des autres membres, procéder à la sélection des quatre romans qui seront en lice pour la phase finale du processus. Les jeunes jurés sont donc au cœur du travail de sélection de cette nouvelle mouture. Aux alentours du mois de décembre, chaque juré recevra les romans qu’il n’a pas encore lus afin de procéder à l’attribution du prix.

Pour donner un peu d’éclat à l’aboutissement de cette année de lecture et d’échanges, la remise du prix Indications se déroulera dans le cadre de la Foire du Livre de Bruxelles en 2013.

Parallèlement à l’aspect « découverte » de la littérature belge d’aujourd’hui et du travail de juré, nous continuons à concevoir la participation au prix comme une initiation au métier de critique. Les différents textes récoltés en cours d’année pourront bien sûr donner lieu à un travail, à des conseils d’écriture et permettront aux jurés d’affiner leur jugement et leurs avis. Dans cette optique, un prix récompensant la meilleure critique sera également attribué.

Dans la continuité des précédentes éditions, nous tenons à préserver les rencontres entre jurés : l’échange est au cœur de ces réunions et doit permettre aux participants de faire entendre leur voix, leurs arguments et leurs impressions de lecture.

En pratique, la participation au prix Indications s’adresse à des lecteurs de dix-sept à vingt-cinq ans. Ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure peuvent dès à présent s’inscrire et faire la demande de l’un des titres présentés ci-dessous.

Le Ravissement des femmes

Présentation de l’éditeur : « Quadragénaire célibataire et très aisée, Élisabeth se rapproche par désœuvrement du père Constantin, un prêtre et conférencier mondain ayant un groupe de femmes à sa dévotion. Élisabeth comprend très vite que le prêtre agit comme un gourou qui assoit sa domination sur ses ouailles en se refusant à la plupart d’entre elles, sauf les plus riches et les plus généreuses. »

Auteur de plusieurs romans intimistes à l’écriture tendue, dont « Ma robe n’est pas froissée », prix Indications du Jeune Critique en 2008, Corinne Hoex ne laisse jamais son lecteur indifférent. À la frontière de l’autofiction, elle porte sur le monde de la famille un regard sans concessions. Ce nouveau roman semble prendre une nouvelle route tout en continuant à ausculter les rapports de domination et de perversion.

Corinne Hoex

Le Ravissement des femmes

Grasset, 2012

208 pages

 

La Chienne de Naha

Présentation de l’éditeur : « Prenant appui sur un conte issu de la tradition orale des Triqui, au Mexique, qui met en scène le premier homme et la première femme, ce récit évoque les morts, l’amour, l’absence et le souvenir en entremêlant récit de voyage et voyage intérieur. »

Depuis son prix Rossel pour « le Jour du chien », en 1996, Caroline Lamarche a publié plusieurs romans, mais aussi des nouvelles, de la poésie et des textes pour le théâtre. Elle a également écrit des fictions radiophoniques. Traduite en plusieurs langues, elle est reconnue pour la particularité de son style, sobre et introspectif, comme l’une des grandes voix de la littérature francophone contemporaine.

Caroline Lamarche,

La Chienne de Naha

Gallimard, 2012

208 pages

 

Les Ballons d’hélium

Présentation de l’éditeur : « Ariana, une jeune Espagnole, vit à Bruxelles avec son mari norvégien et leurs deux enfants. Marquée par une passion inassouvie, qu’elle a vécue alors qu’elle était étudiante en Suisse, avec Roland, qui a disparu sans laisser d’explication après dix jours d’une liaison passionnée, Ariana est aspirée par le vide et la violence. »

Grégoire Polet, auteur de « Leurs vies éclatantes » (prix Indications du Jeune Critique en 2008), présente dans son œuvre une galerie de personnages où se retrouvent souvent des figures du milieu de l’art. D’un livre à l’autre, il s’amuse à faire réapparaître des protagonistes d’autres romans, entre lesquels se tissent des liens inattendus.

Grégoire Polet

Les Ballons d’hélium

Gallimard, 2012

176 pages

Stabat Pater

Présentation de l’éditeur : « Stabat Pater se passe pendant les années 1990, qui sont le cadre d’un récit intimiste : celui d’un amour entre deux jeunes universitaires, Vasco et Grisélidis, aux origines culturelles et sociales différentes, et que vient troubler l’arrivée d’un troisième personnage. Le récit fait aussi l’inventaire des relations entre Vasco et son père. Ce dernier a fait la Deuxième Guerre mondiale dans les rangs de l’armée italienne et est arrivé peu après en Belgique. Vasco semble tout ignorer de son passé. »

Lauréat du prix Indications du Jeune Critique en 2006 pour « De gré de force », Rossano Rosi publie son cinquième roman. Ses précédents ouvrages traitent souvent de l’incommunicabilité. Ce thème s’entrecroise ici à ceux des rapports père-fils et de l’immigration italienne.

Rossano Rosi

Stabat Pater

Les Impressions Nouvelles, 2012

192 pages

 

Mémoire pleine

Présentation de l’éditeur : « Daniel Flamm, un homme d’une cinquantaine d’années, vit à Paris avec ses deux enfants et leur mère. Sans s’y attendre, il rencontre à Montréal une comédienne débutante. C’est le coup de foudre réciproque. Après le retour de Daniel, ils restent en contact et se voient parfois. Lorsque Justine s’installe à Paris, Daniel fuit à Strasbourg. Ils s’aiment mais s’évitent. »

Écrivain et cinéaste fraîchement élu à l’Académie française, François Weyergans a reçu le prix Goncourt en 2005 pour son roman « Trois Jours chez ma mère ». Ses romans, souvent très introspectifs, mettent également en scène sa propre pratique d’écriture, comme dans son roman Je suis un écrivain.

François Weyergans

Mémoire pleine

Julliard, 2012

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Article originellement paru dans le numéro 391 de la Revue Indications
Février 2012